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samedi 26 décembre 2009

L'AGOA est annulé...et on l'a bien cherché !

Tout le monde est au courant que l'AGOA est annulé pour trois pays, à savoir, Madagascar, Guinée, et le Niger. Selon les déclarations officielles, le cas de Madagascar a été difficile, car on a vu des signes d'apaisement avec les négociations. Mais la décision a été prise au vu des deux dernières semaines qui ont vu l'annulation des accords, et la promulgation unilatérale d'un gouvernement militaro-civile.

Les chiffres sont vagues sur les pertes d'emplois liés à cette annulation, certains disent 20 000 emplois direct et plus de 150 000 indirects. D'autre avancent le chiffre de 500 000, mais quoi qu'il en soit, c'est la ruine pour des milliers de personnes. Ce qui est le plus dégueulasse est que la majorité des personnes travaillant dans ce secteur sont issus de la classe défavorisée, et qui manquent parfois de qualifications pour trouver un emploi stable. Et même s'ils ont de la chance, la précarité sera leur lot quotidien avec des petits boulots à droite et à gauche. Ensuite, on s'étonne qu'il y ait autant de vendeurs dans les rues !

Est-ce que les USA ont pris la bonne décision ? Certainement pas, mais ils sont fidèles à leurs politiques et à leurs procédures. Ces dernières étant les bonnes garants d'une bonne démocratie, mais à quoi servent-elles si elles ne reflètent pas la réalité sur le terrain ? Les américains ont réintégrés la Mauritanie, car elle a eu des élections après un coup d'état par le général Mohamed Ould Abdel Aziz, on a estimé que c'est un bon signe de bonne gouvernance, malgré le fait que l'opposition ait crié à la fraude.

Une perte d'emploi massive lié à une insécurité déjà galopante est inquiétante pour chacun de nous, et est-ce que vous avez remarqué un secteur qui ne connait pas la crise ? Oui, celui des compagnies de sécurité privées, de nombreuses enseignes s'implantent dans le pays, car elles y voient un terreau favorable. Pendant la crise, certains opérateurs ont amassé des fortunes considérables, et quand vous voyez des magasins faire appel à des fourgons blindés chaque semaine pour verser leur argent à la banque, cela donne une idée de la paupérisation dans le coin ! Est-ce que dans un futur pas si lointain que ça, nous risquerons d'assister à des zones résidentielles ultra-protégées avec des milices, chiens de gardes, et tout le tintouin. C'est déjà le cas dans des zones huppées, et même la classe moyenne voudra désormais protéger son acquis.

L'AGOA était le seul moyen de pression sur les autorités, car maintenant certains commettront les pires abus en rejetant la faute sur les étrangers, c'est une tactique efficace mais à double tranchant. J'espère que ceux qui s'en serviront s'en rendent compte ! Déjà avec les 200 000 emploi perdus pendant la crise, on a environ 450 000 emplois en étant optimiste. Et si l'on se base sur une population de 2,5 millions dans la capitale, on a environ 20 % de la population qui sera inactive. Si j'étais un politicien, cela me donnerait des sueurs froides !!

On disait également que l'AGOA serait l'électrochoc pour bousculer tout le monde, au lieu d'un électrochoc, je le vois surtout comme une chaise électrique !!

lundi 30 novembre 2009

#Madagascar : Pillage de bois de rose, et ca continue !



J'ai déjà écrit un article basé sur un rapport de plusieurs ONG concernant le trafic de bois de rose qui considérablement augmenté pendant la crise 2009. Toutefois, certains hyppocrite ou crédules ont refusé de croire disant que c'était invraisemblable, que les chiffres ont été augmentés, etc. Il est vrai qu'il est difficile d'avoir des chiffres précis sur ce genre d'activité, ce serait quand même le comble que les traficants publient leur chiffres d'affaires hein ?

Un autre rapport vient d'être publié par Global Witness et l'EIA (Environnmental Investigation Agency) vient d'être publié renforcant les chiffres précédédents et montrant qu'on avait sous-estimé l'importance du trafic. On peut télécharger le document en français, aussi ne vous privez pas, car il est nécessaire de comprendre tout ce bordel. Il est à noter que ces deux organismes ont étés appelés par les autorités, à savoir, le Madagascar National Parks (MNP), et du minitère des Eaux et Forêts.

Voici quelques citations que j'ai tiré de ce document :


Global Witness a déjà fait ses preuves dans les travaux de recherche exposant la corruption dans le commerce et l’exploitation des ressources naturelles, et travaille à l’élaboration de campagnes visant à mettre fin à l’impunité, aux conflits liés aux ressources et aux atteintes aux droits humains et environnementaux.



EIA enquête et mène des campagnes contre les crimes liés à l’environnement dans le monde entier et bénéficie de dizaines d’années d’expérience des enquêtes sur l’abattage illégal et le commerce international de la faune et de la flore menacées et d’autres produits écologiquement sensibles.



Le transport soutenu de bois de rose en plein jour, sur des sections de routes surveillées par des postes de la gendarmerie, tant au sud qu’au nord d’Antalaha, démontre une sérieuse défaillance au niveau des lois – sinon la collusion active de l’autorité d’application de la loi avec les trafiquants de bois illégaux.



Dès lors, un groupe influent de « barons du bois » qui contrôlait le commerce du bois précieux dans la Région Sava a redoublé de pression sur le gouvernement pour exporter les bois précieux actuellement stockés dans toute la région, tant dans les dépôts ouverts que dissimulés dans les forêts, sous des piles de produits agricoles et cachés sous des bâtiments.



Le cyclone Gafilo, en mai 2004, a engendré une situation anarchique dans les parcs nationaux, les bûcherons profitant d'autorisations de sauvetage gratuitement attribuées pour extraire des quantités de bois précieux protégés qui étaient extrêmement disproportionnées par rapport aux dégâts réellement causés par le cyclone.



Pour conclure, tout bois précieux exploité dans la Région Sava avant septembre 2006 devrait être considéré comme illégal car les permis n'ont pas suivi les règles en vigueur. Tous les bois ainsi produits à Madagascar après septembre 2006 sont définitivement illicites, où qu’ils aient été exploités, en vertu du l'Arrêté interministériel 16030/2006.



La saison cyclonique 2006-2007 a fait beaucoup de dégâts dans la région nord-est de Madagascar ; par conséquent, l'Administration forestière a octroyé des « permis de ramassage » pour les bois précieux endommagés à tout demandeur sans qu’il ait à être inscrit auprès de l'Administration forestière comme opérateur forestier (“exploitant”) ni qu’il doive faire preuve de compétences techniques forestières. Les permis initiaux ont été émis pour des zones non spécifiques dans le District d'Antalaha, qui a été affecté par le cyclone ; le chef du District de Vohémar serait alors intervenu pour s'assurer que des permis de collecte avaient également été délivrés pour des zones non spécifiques de Vohémar, alors que ses forêts n'avaient pas été affectées par le cyclone.



En juillet 2009, en réponse au tumulte suivant l’intensification subite des activités illégales dans les parcs nationaux de la Région Sava, le ministère des Forêts a demandé une enquête sur la légalité du bois stocké dans les 176 containers du port de Vohémar. L’enquête a établi que « sur (...) 7 opérateurs enquêtés, 5 ont commis des infractions à l’encontre de la législation forestière »



Il est de nouveau apparent en 2009 que les négociants sont décidés à se donner beaucoup de peine pour continuer l’activité d’exportation, même si ces activités sont considérées irrégulières. Par exemple, en janvier 2009, des bûcherons mécontents ont protesté à Sambava, ce qui a abouti au pillage et à l’incendie des bureaux de l'Administration forestière ; cette manifestation aurait été orchestrée par des négociants en bois. Il a également été rapporté qu’une délégation de négociants d’Antalaha s’est rendue à Antananarivo le 10 avril 2009 pour rencontrer la HAT (Haute Autorité de Transition, le gouvernement transitoire) pour « discuter » de l’interdiction d’exporter des bois à partir du port de Vohémar15. Dans une réunion présidée par le Chef de la Région d’Antalaha à la suite des protestations du 24 et 25 août – qui ont eu lieu après que des fonctionnaires chargés de l’application de la loi forestière avaient saisi un bateau  transportant du bois illégal –, des responsables ont évoqué « le problème de mise en oeuvre du contrôle de la circulation des bois précieux à Antalaha ». Les opérateurs, ou négociants en bois, ont exigé des autorités qu’elles réalisent la « levée de suspension d’exportation au Port de Vohémar » et « l’évacuation par exportation de bois précieux au port de Vohémar et en dehors du Port dans un meilleur délai »



Hormis les rumeurs de corruption sur des agents de Madagascar National Parks, ceci concerne aussi tous les Services et entités locaux pouvant être impliqués dans la filière bois : le Service des Eaux et Forêts (DREEF), la Gendarmerie, la Justice, les transporteurs, les Fokontany ainsi que les Mairies. Si cela s’avère être aussi exact, ne serait-ce qu’en partie de chaque maillon de la chaîne pénale, il est difficile d’espérer un assainissement de la filière dans le court terme sans une mesure drastique. »



En 2009, huit navires porte-containers ont quitté Vohémar avec à leur bord un total de 19 730 rondins et 50 584 planches dans 324 containers autorisés par le MEF (voir Annexe 9)ix. Cela revient à environ 9 700 tonnes de bois de rose. En prenant l’hypothèse d’un diamètre moyen de 0,3 mètre et d’une longueur de 2 mètres, une moyenne de 55 rondins tiendraient dans un container de 20 pieds/30 tonnes ; cette estimation a été confirmée par l’inspection des containers effectuée par l’équipe d’enquête au port de Vohémar



En résumé, le revenu quotidien moyen des personnes employées pour exécuter des travaux pénibles et souvent dangereux – allant de la coupe au chargement des lourds rondins sur des remorques en passant par le tirage et le transport par radeau et bateau – est de 6 000-10 000 MGA, ce qui ne suffit même pas à acheter deux bouteilles de bière dans les villages forestiers reculés, ou environ deux repas dans la ville d'Antalaha.



Les banques impliquées dans le financement des exportations de bois précieux depuis la Région Sava affectent des capitaux étrangers vers le commerce du bois. En 2009, toutes les exportations déclarées de la Région Sava ont été financées soit par la BFV-Société Générale, filiale malgache de la banque française Société Générale (45 % de prêts par valeur) ou la Bank of Africa, filiale du Bank of Africa Group (55 % des prêts). Bien que les exportateurs entraînent essentiellement des relations avec des gestionnaires de comptes dans les filiales, tous les prêts impliquant des exportations ou des devises étrangères sont approuvés au niveau du siège social à Antananarivo.

Toutes ces données nous montrent qu'il y a des défaillances dans tous les secteurs, et ce, depuis de nombreuses années. Que ce soit les opérateurs directement impliqués, mais également les banques chargés de les financer, ou de la corruption généralisés à tous les niveaux de l'administration. La population est également impliquée, mais on ne peut pas lui en vouloir, car c'est la seule activité qui lui permet d'avoir un salaire journalier. Toutefois, la différence entre les bénéfices de ces opérateurs et les travailleurs sur place est monstrueuse ! C'est salaire qui est destiné à les faire survivre, et non à espérer une vie meilleure. Ce qui est triste est que la population locale prend ces opérateurs pour des bienfaiteurs, et qu'elle n'hésite pas à les défendre s'ils sont menacés ou poursuivis par le gouvernement.

Un autre aspect est de multiples ordonnances juridiques se contredisent, d'abord on interdit, ensuite on autorise sous certaines conditions, on restreint de nouveau, et ca n'en finit pas. Tous ces cafouillages juridiques font la belle affaires des trafiquants dans tous les niveaux. La pression de la corruption et du trafic d'influence n'a jamais été aussi forte.

A terme, on peut craindre une disparition conséquente de tous les aires protégés dans cette région.

mardi 24 novembre 2009

Madagascar : Les Bas Quartiers comme bouc-emissaire

Dans toutes les crises que nous avons vécues, les bas quartiers ont toujours étés pointés du doigts, principalement à cause du fait que leurs habitants vivent dans une grande pauvreté. Toutefois, il est nécessaire de les connaitre, de les comprendre, et de ne pas toujours s'en servir pour fuir ses propres responsabilités.


La définition  officielle des bas quartiers


En plus d'un connotation sociale les tirant vers le bas, ces quartiers se trouvent dans la partie basse d'Antananarivo, par exemple, Isotry, Antohomadinika, les environs d'Andranomanalina, etc. Les origines de ces quartiers restent floues, mais on estime qu'ils datent de la colonisation, et que la majorité sont des descendants d'esclaves qui n'ont pas été favorisés par la suite. On peut s'étonner, car c'est tout le pays qui était sous la coupe des colonisateurs, mais une catégorie a toujours servie dans les basses besognes. Mon article sur l'échec de la démocratie et du développement le démontre dans une certaine mesure. Ces quartiers sont également les premiers touchés lors des inondations, et des passages de cyclone. La saleté et la cacophonie qui en résulte donne plus de poids à cette appellation.

Les habitants de ces quartiers représentent tout ce qui est négatif, d'échec, et de précarité dans nos sociétés modernes. On pourrait dire crument qu'ils sont les rejetons rejetés d'une société basé sur la réussite et l'apparence extérieure. En effet, certaines études ont montrés que même les responsables locaux et étatiques ont argués du fait que cette population était sale, injurieuse, violente, etc. Autant de cliclés qui sont toujours d'actualité.

La précarité est leur lot quotidien, et même leurs métiers en est le reflet, ainsi la majorité vivent dans le secteur informel, en vendant sur les rues, et en effectuant des petits travaux d'agriculture. En fait, la plupart sont chomeurs, et vivent de petits boulots qui leur donne juste de quoi vivre au jour le jour.

Malgré le fait que la société malgache est fière de son  fihavanana, on peut s'étonner du mépris et de la honte qu'inspire les bas quartiers. La plupart du temps, on les évite, et si par malheur, la situation financière force certains à y vivre, on les évite également, et on fait la grimace rien qu'en entendant le nom du quartier.

Pauvres mais fiers !


Ce qu'on remarque avec ces habitants, c'est leur expression qui montre qu'ils ont peut être subis des échecs, mais qu'ils ont encore leur fierté, ainsi si vous leur demandez : Comment ça va les affaires ?, ils vous répondront un truc du genre :" Mandeha tsy kelykely (ca va doucement). Le  kekykely est récurrent, et montre qu'ils ont tendance à relativiser leurs problèmes, et c'est valable pour tous, que ce soit la santé, l'état de leur logement, le boulot, etc. On peut même dire que c'est de la résignation, certains ont compris qu'on s'occupera jamais d'eux, et que c'est mieux de prendre le bon coté des choses.

Un parfait bouc émissaire


Que ce soit la crise de 1972, de 2002 ou de 2009, les bas quartiers ont étés le parfait bouc émissaire, et on les a accusés de tous les maux possibles. Les joueurs de rugby de ces zones sont les  casseurs et les  fauteurs de troubles par excellence. Même si c'est en partie vraie, ce serait offensant pour le genre humain de les traiter de la sorte. Les habitants des bas quartiers sont l'exemple d'une extrême pauvreté, mais leur dimension sociale est une grande leçon de solidarité. En effet, il n'est pas rare que ces habitants décident eux-même du nettoyage de leur zone, car ils sont inexistants pour les communes. Mais la politique compte sur les bas quartiers, car ils peuvent servir à de nombreuses choses. La première est les voix électorales en promettant des choses qu'on ne pourra jamais faire. Le fait est que la pauvreté n'enlève pas l'espoir, et si un escroc sait utiliser sa belle langue, de nombreuses personnes vont tomber dans le panneau, car ils n'ont plus rien à perdre.

Mais mettons de coté de la politique, et penchons-nous sur notre propre cas, à quoi pensez-vous quand on prononce ce nom des bas quartiers. Si la moindre accusation sans preuve est formulée contre eux, on dira :  Oui, ils en sont bien capables. Les jeunes désoeuvrés sont également une cible facile, et comme le chomage est leur vie quotidienne, ils sont prêt à accepter un boulot aussi douteux que soit-il.

En plus d'être des bouc émissaires physiques, les habitants des bas quartiers cristallisent toutes nos émotions négatives. C'est tellement facile de les accuser de nos propres erreurs n'est ce pas ? La haine et la frustration que nous avons face à certains évènements nous force parfois à trouver des cibles facile et vulnérable. Cela permet de nous croire supérieur, et éviter de faire face envers nos propres responsabilités.

Une solution à proposer ?


Je vais faire simple, il n'y en pas, tout simplement parce que les bas quartiers sont nécessaires pour faire croire à une société parfaite, où tout le monde forge sa vie à la force de son poignet. Évidemment, on fait parfois des gestes pour soulager notre conscience tels que les dons, mais ils ne sont que symboliques, et n'apportent aucune solution concrète. La transition actuelle avait lancé il y a quelques semaine, une association ayant pour but de  défendre les bas quartiers afin qu'ils ne soient plus manipulés. Vaste programme ! Mais qui prouve qu'on est parfaitement au courant du problème. De plus, une propagande efficace est de dénoncer des méthodes qu'on n'hésite pas à utiliser dans son propre intérêt. Et les autorités actuelles sont les champions incontestés de ce type de méthode.

jeudi 5 novembre 2009

Les personnes qui sont impliqués dans le trafic de bois précieux à Madagascar

trafic_bois_précieux2La crise politique malgache a eu plusieurs effets négatifs, on peut citer la bipolarisation parmi la population, la manipulation des médias, les propos de haine de part et d'autres, les pillages, etc. Ce sont des actions directes de la crise, mais les actions indirectes sont les plus catastrophiques, et on peut les classer en deux grandes catégories, économique et écologique. On ressent de plein fouet la crise économique et cela va empirer dans les mois à venir, mais parlons un peu de l'impact écologique avec le trafic de bois précieux qui a défrayé les chroniques les dernières semaines. Les personnes qui en sont responsables doivent être poursuivies et subir les peines les plus lourdes pour ceux qu'elles ont osé faire à la nature. La quantité de bois qui s'est envolée de la Grande Ile est phénoménale, et elle a été possible uniquement parce que les gugus politiques de la capitale s'entretuaient, et que certaines régions de Madagascar étaient laissé totalement sans contrôle. Un contact sur Twitter m'a proposé un document listant les noms des personnes, la quantité de bois pillés, ainsi que la valeur globale de toute l'opération.


trafic_bois_précieux5


Cet article donne une liste complète de tous ceux qui ont pillés sans vergogne le pays au cours de ces derniers mois. Les récentes prises des autoriés ont gelés certains conteneurs, mais on peut dire que la majorité s'est déjà envolé. Ce qui est plus inquiétant est que ce phénomène s'est accéléré, et que la plus grande quantité du bois provient des réserves protégées telles que Masoala, Marojejy et Makira. La majorité des pillages est parti vers la Chine où elle fait l'objet d'un commerce très juteux, qui a dit que les chinoix oeuvraient pour le bien du pays ?

trafic_bois_précieux1Toutefois, on ne remerciera jamais assez les personnes sur place qui ont comptés les conteneurs qui sortaient, et qui ont essayé de retrouver toutes les personnes dans cet odieux trafic. Le bois précieux est l'un des plus difficile à entretenir et à préserver, ces personnes les ont pillés au mépris de tout le travail accompli au cours de ces dernières. Des scientifiques, des organisations internationales et de nombreux experts locaux ont mouillés leur chemise pour que Madagascar préserve sa précieuses biodiversité, et on détruit tout cela en quelques mois.



Les personnes qui sont impliqués dans le trafic de bois précieux dans le nord-est de Madagascar



Cette liste mentionne le trafic qui s'est déroulé au plus fort de la crise, c'est à dire entre le mois de janvier et mars 2009.




  • Jeannot Ranjanoro a détourné 152 conteneurs, mais on a pu reprendre 37 qui sont toujours stockés à Vohémar. Il habite à Antalaha, et est considéré comme l'un des principaux acteurs du trafic, on estime qu'il a pu gagner environ 30 400 000 dollars dont 7 400 000 dollars sont bloqués à Vohémar.

  • Roger Thunam vit à Antalaha, détournement de 103 conteneurs dont 45 bloqués à Vohémar. Il a fait un bénéfice de 20 600 000 de dollars dont 9 000 000 de dollars qui sont gelés à Vohémar. Il est également considéré comme l'une des têtes pensantes du réseau.

  • Jean-Pierre Laisoa vit à Antalaha, 81 conteneurs à son actif et 33 qui sont bloqués. Un bénéfice de 16 200 000 de dollars et 6 600 000 de dollars qui sont gelés. On n'a pas d'information sur cette personne.

  • Claude Bezokiny, également à Antalaha, 33 conteneur avec un bénéfice de 9 800 000 de dollars. Il possède encore 500 tonnes de bois précieux qui attendent dans un entrepot. Selon les versions, il est propriétaire ou gérant de l'hotel Palissandre.

  • Patricia Soa (Lo Seing), habitante d'Antalaha, elle a détournée 42 conteneurs mais 28 ont pu être récupérés. On estime son bénéfice à 8 400 000 de dollars avec 5 400 000 de dollars qui sont gelés. Elle est la soeur de Jeannot Ranjanoro, non mais quelle famille !!

  • Thierry Body, habitant d'Antalaha, 38 conteneurs et 12 qui ont été saisis. Un bénéfice de 7 600 000 de dollars mais 2 400 000 de dollars ont pu être récupérés. Aucun information sur cette personne.

  • Ramialison Arland, habitant d'Antalaha, 28 conteneur et 23 saisis. Le bénéficie est de 5 600 000 de dollars, mais 4 600 000 de dollars sont récupérés. La pauvre !! Elle a gagné seulement 1 000 000 de dollars !!

  • Michel Malohely, habitant d'Antalaha, 21 conteneur. 4 200 000 de dollars de bénéfices.

  • Martin Bamatana, habitant d'Antalaha. 17 conteneurs, et 3 400 000 de dollars de bénéfices. C'est un ancien député d'Antalaha.

  • Chan Lane à Antalaha. Il a détourné 30 conteneur, mais 17 ont étés bloqués. Un bénéfice de 9 400 000 de dollars et 6 000 000 de dollars qui ont été gelés.

  • Grégoire Ndahiny à Antalaha. 8 conteneur et 1 600 000 de dollars de bénéfices.

  • William Guerra à Antalaha. 8 conteneur et 1 600 000 de dollars de bénéfices. Il a essayé de faire passer les conteneurs en prétendant qu'ils contenaient des clous de girofle. Plutot gros comme clou non ??

  • Angelin Befototo à Antalaha. 7 conteneur et 1 400 000 de dollars de bénéfices. Attention, il est réputé pour être armé et dangereux.

  • Victor Be à Sambava. Il tient l'hotel Victoria et il collecte le bois pour Ranjanoro.

  • Victor, il habite à Sambava et il tient l'hotel Bel Air. Aucune information sur la quantité et les bénéfices, mais on estime qu'il joué les intermédiaires.

  • Maurice Paula à Antalaha. Il tient l'hotel Ocean Momo. Il collecte le bois pour Thunam. Allez momo !!

  • Jacky Manambola (ca c'est bien vrai !), il habite Antalaha et on a aucune information de quantité et de bénéfice. Il joue généralement le role de relayeur.

  • Claudia Bezokiny à Sambava. Il collecte le bois pour Thunam. Il n'y aucun lien de parenté avec Claude Bezokiny.

  • Germaine Fenozanany, elle habite Antalaha et elle tient l'hotel Melrose. Elle est la belle-soeur de Ranjanoro et elle collecte le bois pour lui. Putain, c'est une plaie, cette famille !!

  • Abdouramane, il habite Sambava. il a collecté le bois pour Thunam, il est dangereux, mais il a été arrêté et se trouve maintenant en prison.

  • Rachid Patel à Antalaha. Aucune information de bénéfice et de quantité.

  • Eric Foeng à Antalaha. Aucune information de bénéfice et de quantité.

  • Jao Hasy à Antalaha. C'est un ancien agent du département des Eaux et Forêt. (Année 2004-2006).

  • Jean Galbert Betsiaroana à Antalaha. Il prétend qu'il a " nettoyé " la forêt de Sahamalaza, et que les arbres de bois précieux ont été arrachés par un cyclone. Sans blague, il mérite un médaille ce mec !!

  • Enfin, on a Eugène Sam Som Miock qui se trouve à Tamatave. On a peu d'information, mais on estime qu'il a détourné 300 conteneurs, et qu'il a fait un bénéfice de 60 000 000 de dollars. Toutefois, il n'est pas intégré dans le calcul, car il a principalement utilisé le bois des collecteurs.


[caption id="attachment_420" align="alignleft" width="234" caption="Coupe d'un bois précieux"]trafic_bois_précieux[/caption]

Donc, si on calcule toutes les sommes sauf la dernière, on arrive à un total farmineux de 120 000 000 de dollars et 41 600 000 de dollars qui sont gelés. Et gelé ne veut pas dire récupéré, aussi on n'a aucune garantie que cet argent sera bien utilisé, et de ce que l'état en fera s'il met la main dessus. 120 000 000 de dollars !! Si on le calcule en Ariary en se basant sur une valeur optimiste de 1 dollars pour 2000 ariary, cela fait 240 000 000 000 Ariray !!! Bon, on continue d'avoir le vertige et on le convertit en FMG, allez cela fait 1200 000 000 000 de FMG (j'espère que j'ai pas oublié un zéro !!!), c'est tout simplement hallucinant !! Imaginez combien de chose on pourrait, en fait, cette somme est équivalente à 60 000 FMG pour chaque malgache de Madagascar. Et dire que 24 personnes se sont partagés une somme pareille !


Toute cette merde a été possible à cause de la monumentale incompétence du gouvernement. N'est-ce pas lui qui a mis en place un décret légalisant ce genre de coupe. Ils prétendent que c'est parfaitement encadré, mon cul oui !! Je pense plutot qu'ils se sont rendus compte des dégats, et qu'ils ont essayé d'en cacher une grande partie. Ils n'ont pas blanchis l'argent, mais le bois, pas bête comme idée.

[caption id="attachment_431" align="alignleft" width="295" caption="Moyen de transport du Bois précieux"]trafic_bois_précieux3[/caption]

Toute cette affaire a généré des illégalités, ainsi des milliers de travailleurs ont été minablement payés pour transporter le bois à travers le rivières et les fleuves. Même si le document ne le précise pas, j'ai entendu dire qu'à Sambava, de nombreux travailleurs ont étés blessés et même mutilés. On estime qu'il y a eu entre 23,325 et 46,650 arbres qui ont étés coupés dans les réserves Marojejy et Masoala. Ainsi, l'impact est mesuré à plus de 9 500 hectares, en effet, étant donne que la plupart des troncs sont transportés par des cours d'eaux, il faut couper d'autres petits arbres pour en faire des embarcations. De ce fait, cette coupe sauvage s'étale sur plusieurs générations dans l'écosystème.

trafic_bois_précieux4


Il ne faut pas oublier que ces chiffres sont officiels, et que ces personnes sont connus de l'état. Donc, il y a surement des centaines d'autres personnes impliqués avec une quantité supplémentaire, cela va de soit. Quand on pense qu'on a mis Tana à feu et à sang parce qu'un dictateur s'était offert un avion de 60 millions, on voit que c'est carrément le double qui s'est envolé. Et qu'est-ce que les politiciens trouvent à faire ? Partir en Ethiopie, et discuter qui aura la présidence de la Transition ? Ensuite, prétendre que c'est la volonté du peuple !! Franchement, toute cette histoire commence vraiment à me dégouter !!


Heureusement, des personnes continuent de se battrent en préservant et en promouvant la biodiversité de Madagascar, ainsi on peut trouver sur Facebook, les initiatives et les informations pour tenter de sauver la réserve Masoala.

dimanche 11 octobre 2009

Madagascar : L'évolution des médias citoyens

Je continue sur les médias citoyens, et c'est une suite de l'un de mes précédents articles. On connait les problèmes de visibilité et d'accès à la technologie, mais c'est surtout une prise de conscience qui est nécessaire. La population doit connaitre qu'il y a une émergence des médias citoyens, et qu'ils ont leur point de vue à donner qu'ils soient pertinents ou non. Depuis quelques semaines, j'essaie de faire le tour des blogs malgaches, et comme je parle souvent de la politique, mon orientation va dans ce sens. Mais d'autres blogs existent et qui décrivent la société malgache, et ils sont très intéressants. Mais le problème que j'ai remarqué est la régularité des mises à jours, il n'est pas nécessaire de poster tous les jours, mais il faut le faire régulièrement, sinon cela ne sert à rien puisque personne ne vous connait. Le club Foko a été l'un des pionniers dans le blogging à Madagascar en proposant des formations et des parfois des conférences. J'ai vu les blogs de ses membres, et j'ai noté qu'il y en avait qui n'avaient pas publié depuis des mois. Pourtant, quand on regarde leurs précédents articles, on remarque un point de vue pertinent, et une habitude de l'écriture. C'est pourquoi, je pense qu'il faut faire évoluer les choses dans le bon sens en leur disant que leur avis compte aussi minime que soit-il.

L'accès aux technologies passe par une prise de conscience de l'Etat, et ce dernier a bien d'autres chats à fouetter. J'ai dit et redit les pratiques abusives des opérateurs, et je continuerais à le faire. Mais les médias citoyens sont en perpétuelle évolution, et il convient de former les jeunes blogueurs dans ce sens. De nos jours, on note que la discussion penche vers les réseaux sociaux, notamment Twitter, et je parie que la majorité ne connait même pas ce que c'est. Madagascar est en retard par rapport à d'autres pays, et quand je vais dans les cyber, la majorité des jeunes utilisent Facebook ou Myspace. Ce sont d'excellent réseaux, mais ils ne conviennent pas à l'interactivité de l'information. Mon blog existe depuis quelques mois, et on peut remarquer qu'il y a peu de commentaire, pourtant dès que je poste mon article sur Twitter, il y a toujours quelqu'un qui va répondre. Et parfois, cela donne des débats intéressants, de plus, Twitter est le plus rapide pour des infos urgentes. Et j'ai parfois l'impression d'entendre du papier maché quand je regarde les médias traditionnels, car tout a été déjà dit sur Twitter et les blogs.

L'exemple qui me vient à l'esprit est la manifestation du 11 septembre qui a fait pas mal de dégats. J'ai commencé à couvrir et à traduire les tweets à partir de 11h jusque'à sa finition vers 14H. C'est à dire qu'on a couvert un évènement en temps réel avec des photos et des vidéos sur certains blogs. Les médias traditionnels sont arrivés quelques heures plus tard, et cela m'a semblé d'une banalité extrême. Tout cela prouve qu'il y a vraiment du potentiel mais qu'il convient de l'utiliser à toutes les périodes, et non uniquement par temps de crise. Je conseille à tous mes lecteurs d'utiliser les réseaux sociaux, et de participer au débat, car la qualité est impressionnante, et tout le monde est bienvenu quel que soit son point de vue. Toutefois, on ne doit pas se voiler devant la réalité de la fracture numérique, et il faudra des années pour que tout le monde puisse se connecter à un prix abordable. Mais dans tous les évènements, il a fallu toujours des précurseurs, et j'espère faire partie de cette formidable aventure !!

mercredi 7 octobre 2009

Madagascar : L'échec de la démocratie et du développement

Les crise ont parfois des cotés positifs, et la dernière qu'a connue Madagascar a forcé de nombreuses personnes, surtout moi à connaitre davantage l'histoire de ce pays, et pourquoi on tourne toujours en rond après 49 ans d'indépendance. Je vous préviens tout de suite que c'est un article assez long , préparez du café et de l'aspirine car on va en avoir besoin.

Démocratie et développement sont-ils compatibles dans les pays pauvres ?





La première chose qui intéresse un peuple digne de ce nom est un niveau de vie assez élevé. Il veut manger à sa faim, avoir accès à l'éducation et à la santé, pouvoir s'informer et communiquer. Ce sont des choses assez banales dans les pays riches, mais diablement difficiles dans les pays pauvres. La raison est que le peuple a rarement compris l'idéologie de ses dirigeants au cours de l'histoire. Il pensaient que chaque idéologie allait amener le développement, ils ne sont jamais posés la question que l'instauration de la démocratie exige de grands sacrifices. Une démocratie a des chances de favoriser le développement, car tout le monde a les mêmes chances sur tous les domaines. Mais c'est rarement le cas pour Madagascar, où le niveau d'éducation est très contrasté selon les régions. Une démocratie en bonne état implique également un niveau acceptable de corruption, et on est loin du compte dans le coin hein ? Enfin, la majorité des malgaches n'ont aucune expérience de la politique, ni même des institutions qui ont jalonnés l'histoire du pays. Posez leur la question entre la différence entre un parlement et une assemblée, que représente le congrès ? Quelle est le rôle de la Haute Cour Constitutionnelle ? Ils ne feront que répéter ce qu'ils ont entendus dans les médias, et si ces derniers disent qu'ils sont corrompus, donc ils ne feront que le redire sans chercher à savoir leur fonctionnement en profondeur. C'est pourquoi même aujourd'hui, de nombreuses personnes ont peur de l'administration, et qu'aller dans un tribunal est identique à passer par le purgatoire. Le développement dans ces conditions est impossible, et ce, malgré tous les efforts des organisations tels que la Banque Mondiale et le FMI. Ces dernières ont fait l'erreur de généraliser tous les pays pauvres, et ils se sont dit : " Ok, si nos ajustements structurels ont marché dans tels pays, cela devrait également marcher dans d'autres". Ce point de vue typiquement occidental a conduit beaucoup de pays à la ruine, et les a forcé à utiliser des investisseurs plus que douteux. Certains ont vu clair dans le jeu de ces organisations qui ne sont que des façades pour défendre les intérêts des pays riches, et leur ont dit de foutre le camp. Cela a été le cas par exemple pour l'Indonésie, et même si ce n'est pas encore un pays riche, il possède un secteur économique des plus dynamiques. Maintenant, on peut se demander pourquoi nos politiciens n'ont jamais réussit, et surtout qu'est-ce qui les motive pour viser le pouvoir ? La réponse au chapitre précédent, même si la plupart d'entre vous connaissent déjà la réponse.

L'origine des politiciens malgaches, les armes du "Fihavanana" et 'l'Union nationale





Pour comprendre les origines des politiciens, il faut remonter dans la période coloniale française. Ces derniers n'étaient pas capable de contrôler tout le pays efficacement, aussi ils font fait à la classe du "Royaume de Madagascar". Des familles royales et nobles qui ont servi d'instruments de contrôle parmi la population. Ils ont eu des avantages que le reste du peuple n'a jamais eu, notamment dans l'éducation. En effet, la plupart des enfants de ces familles "privilégiés" allaient dans des écoles françaises, et ils se retrouvaient pour la plupart dans les campus universitaires en France. Aussi, seule une infime partie était éduquée, et avait une expérience de la politique. La France a fait un coup de maitre, car non seulement ils ont fidélisés ces familles, mais leur ont bourré le crane avec la philosophie française vis à vis de ses anciennes colonies. Les autorités françaises savaient que le temps n'était  plus à l'esclavagisme, et que ces familles allaient leur servir après l'indépendance. Et c'est ce qui est arrivé, la plupart des gouvernants sont issus de cette classe favorisée, car ils avaient l'éducation nécessaire. En général, on distingue deux types de personnages dans la politique malgache, le premier sont les décideurs, c'est à dire les ministres, le président, etc. Ensuite, nous avons les techniciens qui occupaient des grades élevés dans l'administration, qui possédaient les plus grandes entreprises, et qui occupaient la place intellectuelle. Le concept d'ethnie a joué un rôle déterminant dans ces deux catégories, ainsi au début des années 60 jusqu'en 75, les postes politiques appartenaient aux côtiers tandis que les affaires appartenaient aux Merina, ou habitants des hautes terres. Je sais que cela fait cliché, mais l'histoire nous prouve que non seulement la différence ethnique existe, mais que les politiciens l'ont utilisés à merveille.

Les candidats à n'importe élection utilisent deux armes principales, la première est la menace de la guerre tribale. "Ne choisissez pas untel, car il est betsimisaraka !! Ou ce gars est un Betsileo, et il va nuire à votre région !!". Ce genre de discours est récurrent, et se trouve dans la bouche de tous les politiciens pour une seule raison, l'identité ethnique efface les efficacités du programme électoral. Les candidats n'ont plus besoin de développer les problèmes sociaux, et ce qu'ils comptent faire pour les résoudre. La crise identitaire est un instinct viscéral, et tout le monde tombe dans le panneau, qu'il soit éduqué ou non. La seconde arme est encore plus géniale, c'est le "Fihavanana" ou le respect et la tolérance entre les différentes communautés. Je ne dis pas que cette notion n'a jamais existée, mais c'était il y a longtemps, et aujourd'hui, on n'en voit presque plus la trace. Aussi, quand les politiciens sentent la situation déraper ou qu'il y a des violences, ils crient sur tous les toits le respect du "Fihavanana" en endossant le costume du "rassembeur" et du "sauveur". Je trouve ca vraiment génial, d'abord on exacerbe les tensions ethniques, et ensuite on utilise le fihavanana pour avoir les chaises. Ils apportent la maladie et ensuite disent qu'ils ont le vaccin qu'il faut. Et c'est valable pour tous les politiciens, mais c'était surtout notable dans la crise de 2002, ou ce concept totalement inventé par ces politiciens a fait des centaines de morts.

Marc Ravalomanana a essayé de rassembler le maximum de personnes autour de lui, mais est tombé également dans le même piège. Il ne s'est pas occupé de certains provinces, et les habitants de ces dernières lui ont voué une haine sans borne, et c'est pourquoi ils ont célébré la nomination de personnes telles que Monja Rondefo. Depuis des décennies, les côtiers pensent que les habitants de la capitale veulent voler leurs richesses et favoriser la capitale dans tous les domaines. Et les responsables locaux sont là pour entretenir la flamme de cette haine. L'un des exemple est la crise actuelle, on peut se demander pourquoi elle n'a pas eu la même portée dans les provinces, tout simplement parce qu'ils se sont dit que ce n'est que deux merina qui se battent, et qu'il n'y a rien pour eux. un autre critère est le degré de corruption dans certaines provinces, où des pans entiers de l'économie survivent uniquement grâce au monopole de certains opérateurs qui ont la bienveillance des politiciens sur place. L'ére Ravalomanana était l'opposé de Ratsiraka, les politiques fiscales étaient drastiques, et beaucoup d'opérateurs ont fait faillite, parce qu'il avaient pris l'habitude de faire de honteux bénéfices, et que c'était dur de "travailler honnêtement". Malgré le fait que le fihavanana est inexistant entre les politiciens et les citoyens, il est perceptible dans les rapports sociaux. C'est pourquoi l'entraide et une certaine forme de fraternité existe parmi toute la population, car ils ont l'impression de faire partie de la même famille. De même, le malgache qui s'exile au fin fond de la planète gardera une nostalgie pour son pays et les siens. Ce sentiment est également fort dans les minorités étrangères, et ils diront qu'à Madagascar, ils étaient bien quelles que soit les conditions de leurs vies, car ils étaient simplement chez eux.

Le concept de Ray aman-dreny





Le fihavanana peut sembler obscur aux non-inités, mais ce n'est rien comparé au concept de Ray aman dreny. Ce dernier signifie littéralement "Père et Mère", et il peut désigner un protecteur ou la tête de la famille. Ainsi, si une personne a réussi à créer le fihavanana parmi le peuple, il peut prétendre à ce titre. Il est difficile de le définir précisément, mais une bonne définition a été donné par le journal "Lakroa" du 4 avril 1993 :
ferme comme le père tout en ayant la douceur de la mère

Ce concept est présent dans les familles individuelles comme dans les plus hautes instances gouvernementales. Selon les ethnies, la définition est légèrement différente, mais raméne sur le point de la protection et du rassemblement. Un auteur, J. Ndemahasoa, donnait les règles du Ray aman-dreny qui devraient s'appliquer dans la société :
Tsy maintsy mifanaja ; fombafomba tsy maintsy mifanaja...Ny andriana tompoin-tsy manery vozona ny andevo, ny nafahina tsy mandidy manapaka alohan-joky ; ny zandry tsy manao kely mila akisa ; ny zoky tsy manao tsindriako fa kely hanjakako ; ny tompon-tany tsy mibahana tsy hiainana ; ny vahiny thy alohan tompon-tany ; ary volo maitso natohana akondro : ny samy maitso mifanohantohana

Il faut se respecter ; la coutume veut que les groupes voisins se respectent... Les nobles, les esclaves les servent mais ils ne forcent pas ces derniers à travailler pour eux; ceux qui ont été affranchis - des cadets - ne décident pas avant leurs ainés, ceux qui les ont affranchis ; les cadets, en tant que plus jeunes ne cherchent point noise ; les ainés, en tant qu'ainés n'abusent pas de leur pouvoir pour dominer les cadets ; les originaires de la région n'occupent point le terrain pour que les migrants ne puissent pas y vivre ; les migrants ne se mettent point avant les originaires de la région ; oui, c'est comme le bambou vert qu'on a mis en appui au bananier : ils sont tous deux verts, c'est pour cela que l'un vient en appui à l'autre

On pourrait dire en signification libre que chaque malgache a sa propre différence, mais cela n'empêche de se respecter et de vivre ensemble. Ce texte met en évidence la structure hiérarchique des Ray aman dreny, et je pense qu'il est inspiré de la philosophie arabe qui accordait une grande place aux vieux sages de la famille, car ils avaient vu le monde. L'égalité dans une hiérarchie parait contradictoire, mais c'est ce que nous apprennent les Ray aman-dreny, et terminons par la phrase d'Andrianampoinimerina à ce sujet :
Ataoko ny kely ny manana ny zay, ny be manana ny azy

Je ferais en sorte que les grands aient leur part, et que les petits aient leur part.

Finalement, on pourrait que ce serait un père qui appliquerait les mêmes récompenses et sanctions, et ce, quel que soit le profil de ses enfants. Maintenant, je ne peux m'empêcher de ricaner sournoisement en me disant que notre "président" actuel n'a pas du tout l'air d'un Ray aman dreny qui aurait proné le fihavanana parmi ses compatriotes.

Un développement est-il possible à Madagascar ?





Dans l'état actuel des choses, on peut rêver en couleur qu'une telle chose se produise. Le problème est que tous les politiciens ne pensent qu'à leur intérêt, et leur principal objectif durant leur mandat est de gagner les futures "Ady Seza". Pour ce faire, ils verrouillent tous les recours institutionnels, et n'hésitent pas à se transformer en dictateur. Ce qui est risible est que la population elle-même trouve étonnant qu'une personne ne se soit pas enrichie après qu'il ait obtenu la chaine convoitée. La corruption est dans les moindres niveaux de la société, du marchand de légumes qui corrompe l'agent de circulation, jusqu'au meurtrier qui sort tranquillement de prison après avoir payé grassement le gardien-chef. Et tant que ce fléau existera, il n'y a aucun espoir pour Madagascar. Mais on peut insuffler une certaine dynamique économique, c'est ce qu'à fait Ravalomanana pendant son mandat. Son slogan était qu'on travaillant, on pouvait réussir. Il prenait son propre exemple et de Tiko, mais il a oublié de préciser les aides qu'il a reçu de la Banque Mondiale, et des nombreuses exonérations fiscales... Mais ne faisons la fine bouche, Solofo me faisait remarquer qu'il a donné envie aux malgaches d'investir et d'entreprendre.

L'arrivée des chinois a accentué ce phénomène, ils ont construit des immeubles, des stands, et ils ont inondés le marché de produits chinois. Les magasins CITIC et Supreme Center leur appartiennent. Mais la différence principale avec les autres minorités est que ce sont des malgaches qui sont au comptoir, qui vendent et réalisent des bénéfices. Il est évident que cela ne donnera rien sur le court terme, mais ils vont acquérir de l'expérience, et pourquoi pas devenir des importateurs. Des gens qui n'avaient pas de fonds pour créer une entreprise se sont à mis à avoir plusieurs points de vente, et ont un niveau de vie plus élevé qu'auparavant. Mais Marc Ravalomanana a fait plusieurs erreurs, la première est qu'il a concentré tous ses efforts dans la capitale, accentuant la favorisation identitaire. Et surtout, il n'a pas regardé des secteurs clés de l'économie que sont les ressources naturelles. Il n'a rien fait pour former les jeunes dans les pierres précieuses, ou dans l'agriculture de développement durable. Les paysans forment la majorité de la population, et ils sont étouffés par des grossistes spéculateurs et des crédits qui créent le surendettement. Les organismes financiers sont les grands gagnants, et il n'est pas étonnant qu'ils ont connu des taux de bénéfices monstrueux, et ce, quelle que soit la situation du pays.

Prenons l'exemple de la vanille et de Sambava, quelle richesse !! Et pourtant tout le secteur est aux mains de quelques opérateurs économiques, et étrangers de surcroit. Ce qui fait qu'ils alimentent les caisses de l'état, mais les principaux bénéfices repartent dans des pays étrangers, et la population locale n'a plus qu'a faire sécher le manioc sur son toit pour survivre. Il y a quelques années, le prix de la vanille a connu une énorme explosion, et même les petits producteurs sont devenus riches. Qu'est ce qu'il font de cet argent ? A cette époque, je tenais un petit magasin de quincaillerie, et un jour, un producteur de la région est venu pour faire des achats. Le mec était en sandales, il portait des bracelet en or massif et son camion était remplit de bouteille d'eau minérale. Je lui demande ce qu'il comptait faire de toute cette eau, et il me répond que c'est pour se laver. Ce gars là utilisait des bouteilles Eau Vive d'un litre pour se torcher le cul !! Cela s'explique par le fait que ces personnes ne connaissent pas la valeur de l'argent, et ils n'ont pas pensés une seule seconde que cela ne va pas durer, et qu'il feraient mieux d'investir. La boum de la vanille n'a duré qu'une année, et croyez-moi la gueule de bois était dure. Ce sont ces secteurs qui ont le plus besoin d'éducation, notamment les producteurs à qui doit apprendre la valeur de l'argent.

La même chose est arrivée à Fort-Dauphin, où l'exploitation d'ilménite nécessitait une grande partie de la surface halieutique. Aussi, la société en charge de l'exploitation a payé 1200 dollars par mois à des pêcheurs pour qu'ils arrêtent de travailler. Qu'est-ce qu'ils ont fait à votre avis, ils se sont mis à acheter des trucs inutiles tels que 4 ou 5 portable à 1 millions d'ariary avec lesquels ils se pavanaient dans la ville. Mais toutes les choses ont une fin, et ces pêcheurs se sont fait avoir comme des débutants, car une grande partie de la zone maritime est polluée par le traitement du minerai. Un plaisir de quelques mois pour la ruine de toute une vie !!

On a souvent critiqué les malgaches d'être paresseux et d'être partisans du fameux "mora mora", mais il ne faut pas confondre manque de motivation et paresse. Quand un fonctionnaire sait que 80 % de son salaire va s'envoler dès le 5 du mois en payant le loyer, l'électricité, et les dettes de l'épicier du coin. Comment voulez-vous qu'il fasse correctement son travail ? Et il est certain que la corruption y trouve un terreau favorable pour se répandre. Les malgaches sont de sacrés travailleurs, mais il faut leur apprendre la vision sur le long terme. Il y a qui ont compris que le salaire n'est pas la garantie d'une bonne vie, et la preuve est l'émergence des métiers informels. Les vendeurs sur rue à Tsaralanana et Behoririka ont compris une chose que les politiciens ne comprendront jamais... Court-circuiter la hiérarchie administrative pour maximiser la production, la mobilité et les bénéfices. Mais ces personnes pensent au jour le jour, et des formations dans ce sens sont nécessaires.

L'accès à l'information, essentiel au développement





Quand on regarde le paysage médiatique de Madagascar, on voit que tous les médias sont concentrés dans la capitale. Oh, il y a des radios dans les provinces, mais ils ne possèdent aucun journaliste, et même s'il en existe, ils ne possèdent pas le matériel adéquat. Les habitants des provinces sont obligés d'attendre que la capitale envoie des reporters pour voir ce qui se passe dans leur propre ville pour savoir ce qui se passe ! C'est tout simplement aberrant, et cela signifie un manque total d'implication politique dans ce secteur. Le désenclavement joue également un rôle dans la pensée unique et la manipulation. On n'a qu'à se rappeler de la déclaration d'un habitant de Katsepy à Majunga en juillet 2009 : " Quoi ! On a changé de président, mais qu'est-ce qui est arrivé à Ravalomanana !". Est-ce que c'est si difficile d'équiper les principales villes de stations audio-visuelles, et de quelques titres de presse écrite. Un matériel composé d'une simple caméra et d'une voiture ou d'une moto revient-il si cher à l'état pour que cette situation perdure depuis des décennies ??

Se servir d'abord et ensuite on verra !





Cela pourrait être le slogan de nos hommes politiques. Ils se serventt des deux mains au lieu de servir le peuple. L'un des problèmes est qu'on ne peut pas obtenir les postes élevés qu'en ayant un réseau influent. Ce dernier a ses propres intérêts qu'il rappellera quand le mec accédera au trône. C'est pourquoi, Madagascar continue de courir après le développement et la démocratie après plus d'un demi-siècle. Il arrive que des crises soient tellement graves qu'il faut faire appel à des autorités étrangères pour des élections, et ce n'est pas toujours une bonne chose, comme on le verra dans le chapitre suivant.

L'illusion des démocraties dans les pays en développement avec les observateurs internationaux.





Il parait que des élections sous l'égide d'observateurs internationaux est une garantie de transparence. Permettez-moi d'en douter. Je prend deux exemples, les élections au Ghana et Kenya dans les années 1991 et 1992. Un journaliste ghanéen écrira :
Je ne peux croire qu'ils se ruent sur leurs bagages chaque fois qu'ils entendent parler d'une élection quelques part, simplement dans la perspective d'un diner bien arrosé, de visiter les bureaux de vote le jour des élections au lieu de rédiger un rapport, et de penser qu'il participement à la promotion de la démocratie

Le problème de ces observateurs est qu'ils n'en ont a rien à foutre des élections, mais ils suivent simplement un manuel de procédures, et ne tiennent pas en compte des conditions d'avant et d'après des élections. Certains disent que la plupart du temps, ces observateurs ne sont qu'une "colonie de touristes". Ce qui est frappant est leur vitesse de réaction pour décider de la bonne tenue des élections, par exemple, au Kenya, le dépouillement n'était même pas encore terminé, que les observateurs ont déclarés officiellement que les élections ont été transparentes. L'Angola a eu son lot d'observateurs sur les conditions des urnes. Certaines de ces dernières n'avaient pas de cadenas unique comme c'était exigé dans le processus électoral. Les observateurs ont simplement dit : " Cela prouve qu'il y a une confiance réciproque entre les citoyens et les autorités." Ainsi, n'importe qui pouvait ouvrir ces urnes, et les bourrer si nécessaire. Un autre paramètre est le mépris et le paternaliste des internationaux face aux observateurs nationaux. Ces derniers se sont plaint qu'aucune de leur réclamation n'ait été prise en compte. Les observateurs locaux sont essentiels dans le déroulement des élections, car ils ont une parfaite connaissance du terrain, de plus, leur intérêt personnels vont dans le sens de l'aspiration du peuple. Ce mépris était également visible envers les opposants malheureux, les organisations internationales les ont accusés d'être des mauvais perdants. En fait, du moment que le jour des élections obéit aux directives d'une instance donné, cela implique que le scrutin est automatiquement libre et transparent sans tenir compte des truquages possibles avant le jour du vote. Le cas de l'Angola a été dramatique, car l'opposition est tombé dans la lutte armée, et le nombre des victimes se montent environ à 10 000 morts pendant cette période. Et tout ca parce les observateurs ont décidés unilatéralement du résultat d'une élection donnée.

Conclusion





Cet article n'est qu'une ébauche personnelle inspirée de livres et de faits sur le sujet. Mais il suffit d'ouvrir un peu les yeux pour s'apercevoir que les politiciens se sont toujours moqués de nous. Ils ont pillés sans vergogne la nation, et ils se sont barrés ici et là. La solution passe par une prise de conscience au niveau du citoyen, ce dernier ne peut plus se cacher derrière la majorité silencieuse en arguant le fait que le pouvoir ne l'a jamais aidé. La volonté du peuple doit être satisfaite quel que soit le régime en place, et si ce dernier privilégie ses intêrets et commence à opprimer les citoyens, alors je le dis tout net, l'insurrection est le plus sacré des devoirs !!

mardi 6 octobre 2009

Madagascar : Nous étions si bien...

Madagascar est touché de plein fouet par la crise économique, les opérateurs se barrent à l'île Maurice ou Mayotte, et les entreprises locales ferment ou du moins réduisent drastiquement le personnel. On peut débattre éternellement quand cela arrive aux autres, mais c'est autre chose quand ça frappe votre propre famille. Il est évident que par manque de revenu, la spirale de la dette pointe son nez, et même si les commercants savent que le crédit est le seul moyen de subsister que ce soit pour lui ou pour le consommateur, cela va être très dur dans les prochains mois.

Certains secteurs sont moins touchés, mais le tourisme par exemple est au point mort ! Un de mes amis disait qu'à Toliara, les hotels de luxe sont tellement vide qu'ils ressemblent au film "Shinning" ! Et cette crise politique qui n'en finit pas, pourtant à le voir de près, il suffit que tout le monde courbe l'échine et fasse des efforts pour que ça s'arrange. Mais non, on tient des dizaines de réunions de la "dernière chance", et on ne fait jamais rien de concret. Les politiciens malgaches ne se sont jamais occupés du peuple, et il est étonnant de constater que les "grands héros" qui sont sortis de ce même peuple sont devenus les pires tyrans qui existent.

Même si on sort de la crise, combien d'années il faudra que tout redevienne normal ? La crise de 2002 a encore laissé des traces, et donc on peut estimer une reprise normale vers 2011 2012 !! Ca tombe bien parce qu'il parait que c'est fin du monde en 2012 !! On se moque des théories du complot parce qu'elles sont trop farfelues !! ah vraiment ?? Moi, j'ai une idée pour une nouvelle théorie : " Les pays riches exploitent les pays pauvres". Elle est composée de deux acteurs, le premier qui sont les gouvernements hypocrites qui n'arrive même à imposer la démocratie dans leur propre pays, et veulent l'exporter vers d'autres. Le second est la multinationale qui veut toujours faire plus de bénéfice, et on s'en fout s'il y a des centaines de morts. En premier, on essaie la négociation, et ensuite, on arme quelques abrutis avides de pouvoir et de gloire. On laisse pourrir pendant quelques mois jusqu'à que les pions soient pris à la gorge, et finalement on vient tranquillement piller les ressources naturelles en faisant croire que c'est pour le développement du pays !! Quelle théorie du complot farfelue n'est-ce pas ?

Il parait que Marc Ravalomanana a plongé le pays dans le désespoir économique, oui pour les profiteurs et les caïmans qui pullulent les fleuves de Madagascar. En tout cas, je peux dire que la HAT avec ses techniciens en couche-culotte ont fait pire que les plus désastreuses réformes de Ravalomanana, et ce, en quelques mois. Bravo ! Bravo ! même les personnes souffrant des pires maladies mentales n'auraient pas fait mieux !! Il parait que Ravalomanana était un dictateur, mais nous étions si bien sous cette dictature !

vendredi 7 novembre 2008

Le systeme des castes en Inde

Le système de castes apparut vraisemblablement quelque temps après l'arrivée dans le nord de l'Inde de tribus nomades indo-européennes, plus connues sous le nom d'Aryens, vers 1500 av. J.-C., après l'effondrement de la civilisation de la vallée de l'Indus. La société aryenne était déjà divisée selon une hiérarchie assez courante à l'époque : guerriers, religieux et peuple. Après avoir soumis les autochtones, décrits comme étant plus foncés de peau et dotés d'une physionomie différente de la leur, les Aryens ajoutèrent une quatrième catégorie à leur organisation sociale, à savoir celle des serviteurs. Cela leur permit de maintenir les peuples vaincus dans une position sociale inférieure et de préserver leur pouvoir sur eux. Ainsi, le terme utilisé pour décrire les quatre groupes, ou varna, qui en sanskrit signifie « couleur », témoigne de l'aspect ethnique du système de castes. Les quatre varna, hiérarchisés en ordre décroissant, étaient alors les kshatriya (le roi et les guerriers), les brahmanes (religieux), les vaishya (qui, avec le développement du commerce et de l'agriculture, devinrent les fermiers et les marchands) et les shudra (serviteurs).

Le système connut d'autres modifications avant sa relative stabilisation. Tout d'abord, les brahmanes, qui sanctionnaient la divinité du monarque et l'investissaient de son autorité royale, revendiquèrent la supériorité de leur position et se hissèrent au sommet de la hiérarchie sociale. Puis, avec l'essor de l'agriculture et de la sédentarisation ainsi qu'avec le développement du commerce et des arts, les shudra émergèrent progressivement en tant que cultivateurs de la terre et artisans qualifiés. Ceux qui effectuaient les tâches les plus ingrates, comme ceux qui ramassaient les déchets, furent mis à l'écart du système de castes et devinrent des parias ou chandala. Enfin, un système de sous-castes, ou jati, en relation avec chaque métier, fit son apparition. C'est dans son rapport avec les jati que le système de castes fonctionne principalement : les individus appartenant à un jati spécifique sont contraints par bien des aspects de la vie sociale, notamment le mariage, à ne pas quitter leur jati.

Ce lien étroit avec l'activité professionnelle joue un rôle fondamental dans la structure sociale. La transmission des métiers de père en fils confère aux castes un caractère strictement héréditaire, renforçant ainsi la suprématie des brahmanes et maintenant, de génération en génération, des millions d'individus dans un état de pauvreté et d'analphabétisme.


L'hindouisme n'est pas une religion clairement définie, unie autour d'un fondateur et d'un texte sacré unique. Ainsi au cours des siècles, l'influence du bouddhisme, du christianisme et de l'islam (notamment du soufisme) a contribué à l'évolution globale de la pensée hindouiste. Or le bouddhisme et le jaïnisme sont deux religions fortement opposées au système de castes, et plus particulièrement à l'autorité suprême des textes védiques, en tant que partie intégrante de l'orthodoxie brahmanique et moyen de domination. La nature égalitaire du sikhisme, fondé par le gourou Nânak au XVIe siècle, a aussi constitué une réaction contre le système des castes.

À l'intérieur même du monde hindouiste, de nombreux individus et sectes ont ignoré ou condamné le principe des castes. Les mystiques du mouvement bhakti, comme Chaitanya, ne tinrent pas compte des conceptions hindouistes orthodoxes, seule les préoccupait l'union mystique avec Dieu. Parmi leurs disciples, ils acceptèrent volontiers les intouchables, les femmes et les individus venant des confessions les plus diverses. Le plus important disciple du mouvement mystique Ramananda du XVe siècle était un musulman et éminent poète, Kabir, qui instaura le culte de la divinité Rama.

Au cours de l'histoire, de nombreux individus inconnus ou oubliés, dont des brahmanes, s'opposèrent au système de castes, ce qui leur valut souvent d'être mis au ban de la société, voire assassinés.

Au XIXe siècle, Ram Mohan Roy initia le renouveau du Vedanta et, conformément à l'esprit des Upanishad, condamna le système des castes. Au XXe siècle, plusieurs personnalités appartenant à l'élite de l'Inde dénoncèrent cet ordre social. L'abolition du système des castes devint alors partie intégrante des combats nationalistes, car les castes étaient considérées comme un motif de division entre les Indiens, au même titre que la partition hindous-musulmans dont les Britanniques furent en partie à l'origine. Gandhi plaida pour l'intégration des intouchables au reste de la société hindoue. Il les rebaptisa les harijans, ou « peuple de Dieu ». Ambedkar fonda des écoles et des universités pour les intouchables et lutta pour leurs droits politiques.

Avec l'indépendance, une politique de lutte contre la discrimination fut instaurée, garantissant aux intouchables et aux autres groupes sociaux situés en bas de la hiérarchie sociale un important quota de places dans les universités, les institutions professionnelles et l'administration. La nouvelle Constitution indienne fut élaborée dans un esprit laïc et égalitaire, en opposition à la discrimination religieuse et de caste. Dans leur immense majorité, les partis politiques, bien que profondément influencés dans leurs structures par le principe des castes, ont souvent gardé une position ambiguë sur les divisions sociales de la société indienne, et cela dans l'unique but d'obtenir les voix des harijans. En fait, dans leurs pratiques, ils ont peu appuyé, voire souvent entravé, les actions politiques destinées à réduire les disparités structurelles de la société.

L'hindouisme n'est pas une religion clairement définie, unie autour d'un fondateur et d'un texte sacré unique. Ainsi au cours des siècles, l'influence du bouddhisme, du christianisme et de l'islam (notamment du soufisme) a contribué à l'évolution globale de la pensée hindouiste. Or le bouddhisme et le jaïnisme sont deux religions fortement opposées au système de castes, et plus particulièrement à l'autorité suprême des textes védiques, en tant que partie intégrante de l'orthodoxie brahmanique et moyen de domination. La nature égalitaire du sikhisme, fondé par le gourou Nânak au XVIe siècle, a aussi constitué une réaction contre le système des castes.

À l'intérieur même du monde hindouiste, de nombreux individus et sectes ont ignoré ou condamné le principe des castes. Les mystiques du mouvement bhakti, comme Chaitanya, ne tinrent pas compte des conceptions hindouistes orthodoxes, seule les préoccupait l'union mystique avec Dieu. Parmi leurs disciples, ils acceptèrent volontiers les intouchables, les femmes et les individus venant des confessions les plus diverses. Le plus important disciple du mouvement mystique Ramananda du XVe siècle était un musulman et éminent poète, Kabir, qui instaura le culte de la divinité Rama.

Au cours de l'histoire, de nombreux individus inconnus ou oubliés, dont des brahmanes, s'opposèrent au système de castes, ce qui leur valut souvent d'être mis au ban de la société, voire assassinés.

Au XIXe siècle, Ram Mohan Roy initia le renouveau du Vedanta et, conformément à l'esprit des Upanishad, condamna le système des castes. Au XXe siècle, plusieurs personnalités appartenant à l'élite de l'Inde dénoncèrent cet ordre social. L'abolition du système des castes devint alors partie intégrante des combats nationalistes, car les castes étaient considérées comme un motif de division entre les Indiens, au même titre que la partition hindous-musulmans dont les Britanniques furent en partie à l'origine. Gandhi plaida pour l'intégration des intouchables au reste de la société hindoue. Il les rebaptisa les harijans, ou « peuple de Dieu ». Ambedkar fonda des écoles et des universités pour les intouchables et lutta pour leurs droits politiques.

Avec l'indépendance, une politique de lutte contre la discrimination fut instaurée, garantissant aux intouchables et aux autres groupes sociaux situés en bas de la hiérarchie sociale un important quota de places dans les universités, les institutions professionnelles et l'administration. La nouvelle Constitution indienne fut élaborée dans un esprit laïc et égalitaire, en opposition à la discrimination religieuse et de caste. Dans leur immense majorité, les partis politiques, bien que profondément influencés dans leurs structures par le principe des castes, ont souvent gardé une position ambiguë sur les divisions sociales de la société indienne, et cela dans l'unique but d'obtenir les voix des harijans. En fait, dans leurs pratiques, ils ont peu appuyé, voire souvent entravé, les actions politiques destinées à réduire les disparités structurelles de la société.

Les Questions sont les réponses à l'ignorance !!

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